La Boussole #43, mars 2005

Luc Gonin, jeune homme de 23 ans, personnalité riche et polyvalente, a publié un recueil de nouvelles il y a quelques mois (Cadences d'existences, éditions Mon Village). Tout lui réussit et tout l'intéresse! C'est pourquoi nous avons voulu vous faire connaître le parcours de cet ex-gymnasien biennois.

Tout jeune, quelles étaient vos professions rêvées ?
J'aurais voulu être pilote ou un sportif célèbre (athlétisme); puis le droit m'a intéressé, plus particulièrement le métier de juge.

Quels ont été vos rapports avec l'orientation professionnelle ?
Quand j'étais à l'école secondaire de la Suze, je suis venu avec ma classe. Les feuilles Infop distribuées m'ont permis de me faire une bonne idée métiers.
Puis en 2000, en faisant ma matu bilingue, je suis venu voir Monsieur Nuoffer. Je ne savais pas quelle voie prendre. J'hésitais entre la chimie, les lettres (la philosophie surtout m'intéressait) et le droit.

Vos parents, votre famille ont-ils influencés vos choix?
Non, pas directement. Mon père a appris menuisier comme son propre père, puis il a suivi une formation d'ingénieur. Ma mère, physiothérapeute, nous a encouragés mes frères et moi à faire des études. L'un est assistant en droit à l'Université de Neuchâtel, l'autre assistant en économie à l'Université de Lausanne, et peut-être leur exemple m'a-t-il influencé un peu. Mais en tant que troisième enfant, c'était plus facile de choisir. Mon père, en tant que scientifique, m'a indirectement influencé en aiguisant ma curiosité et en me donnant envie de comprendre le monde dans lequel je vis.

Pourquoi avoir choisi le droit en définitive ?
En venant au SOU, j'ai eu des réponses.
Même si j'étais un peu sceptique au début, sur l'issue de la consultation, j'ai réalisé que j'avais plus d'affinités avec le monde littéraire et les sciences humaines. J'ai passé plusieurs tests et les conclusions ont étayé mes convictions. La chimie était un domaine trop spécifique, trop fermé. Le droit offrait plus de possibilités que les lettres, alors j'ai choisi le droit.

Pourquoi et quand avez-vous commencé à écrire ?
J'ai commencé à 15 ans. J'ai écrit des poèmes parce que j'étais amoureux! J?aime la littérature et j'essaie de lire beaucoup. J'avais envie d'écrire pendant le gymnase, mais j'avais peu de temps. En 2001, comme je ne devais pas faire le service militaire, j'ai disposé de trois mois de liberté. Alors j'ai écrit une nouvelle que j'ai soumise à deux profs du gymnase. J'ai été surpris en bien par leur avis positif et cela m'a encouragé à poursuivre. J'ai ainsi continué d'écrire des nouvelles et des poèmes. Le livre est constitué de 10 nouvelles. Trois maisons d'édition m'ont déclaré qu'il valait la peine de poursuivre l'aventure. Le livre est sorti en 2004.

Quels sont les sujets des nouvelles ?
Elles parlent principalement de sport, de musique et d'amour! Il faut savoir que j'ai rêvé d'être sportif professionnel. J'ai fait beaucoup d'athlétisme, pratiqué le pentathlon: hélas je me suis blessé à la cheville à 15 ans. La musique, c'est aussi une passion et je joue de plusieurs instruments (flûte, saxo). Le titre du livre "Cadences d'existence" donne une idée de rythme, de pulsation, honore l'improvisation.
Je continue d'écrire. Actuellement j'ai presque fini un roman. La musique est à nouveau présente: c'est un peu l'allégorie de notre société.

Qu'allez-vous faire dans un futur proche ?
J'hésite à me lancer à fond dans la musique pour en faire mon métier. Mais je devrais alors abandonner le reste et cela risquerait d'être galère!
Si je ne devais pas gagner ma vie, je partagerais mon temps entre l'écriture, le sport et la musique...

Propos recueillis par Dominique Reber